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Zones inondables et bassins d'orage

Point porté à l'ordre du jour à la demande d'Annemie Maes

Début février, il y a eu beaucoup de précipitations. A tel point que dans quelques communes voisines, il y a eu des inondations. Contrairement aux autres années, nous avons pu constater que la commune de Jette a été épargnée.

Cet été, les travaux de réaménagement du parc Roi Baudouin phase I et II ont pris fin.  Ainsi, une zone inondable naturelle a été créée : le Molenbeek coule à nouveau en surface et les étangs ont été réhabilités. De ce fait, le maillage bleu a aussi été renforcé : le Molenbeek coule de façon continue depuis le Brabant flamand en passant par Berchem-St-Agathe, Ganshoren, jusqu’à Jette. C’est une intervention qui a manifestement eu des conséquence sur l’absorption des eaux lors des précipitations importantes. Par ailleurs,  le plan de gestion des eaux du Gouvernement bruxellois mentionne l’intention de mettre le Molenbeek en surface dans la direction du canal, en remplacement du réseau souterrain des égouts.

Puis-je vous poser les questions suivantes à ce propos :

- Quel est l’état actuel des choses quant aux inondations et la gestion des eaux pluviales dans notre commune ?

- Est-il exact que l’ouverture du Molenbeek et la création des zones inondables ont déjà une incidence sur les inondations ?

- Avez-vous des nouvelles du projet de la Région relatif au bassin d’orage au niveau du parc de la Jeunesse ? Au vu des bons résultats des zones inondables combinés aux petits bassins d’orage réalisés, est-il bien judicieux de continuer à investir dans ce projet ambitieux et coûteux ?

- Enfin, la création d’étangs de baignade ne serait-il pas envisageable, vu la demande importante de plans d’eau récréatifs en plein air, dont beaucoup de bruxellois sont privés actuellement ?

Réponse de Bernard Van Nuffel

Je vous remercie pour votre question sur cette question délicate des inondations et plus globalement de la gestion des eaux pluviales à Jette.

Je confirme tout d’abord, après avoir consulté les données de l’IRM , que les mois de janvier et février 2016 se situent très nettement au-dessus des moyennes de précipitations de la période 1981-2015.

Nous avons donc été bien arrosés en ce début d’année ! Et pourtant sur cette même période de janvier et février 2016, le Service Espace public ne m’a signalé aucune plainte de riverains pour cause d’inondations ou de débordement des égouts. De même nous n’avons pas eu à subir d’interruption de la circulation pour cause d’inondation du tunnel sous voies de la rue Toussaint et de celui de l’avenue de l’Exposition, même si dans ce dernier, quelques belles flaques ont été observées.

Alors, est-ce que la remise à ciel ouvert du Molenbeek a eu un impact sur les risques d’inondations à Jette ? Ce qui est en tout cas certain, c’est que, tant la rivière remise à ciel ouvert dans la phase I du parc Roi Baudouin, que les étangs de la phase II du parc Roi Baudouin ont atteint des niveaux jamais vus, en l’occurrence quelques centimètres à peine sous la surface des chemins du parc, c’est-à –dire plus d’un mètre au-dessus de leur niveau « normal » !

Donc la rivière et ses étangs ont formé pendant plusieurs jours un grand bassin d’orage à ciel ouvert, sans lequel toute cette eau supplémentaire aurait été directement précipitée dans le collecteur souterrain du Molenbeek, dont elle aurait inévitablement gonflé le débit et fait monter le niveau.

Ces aménagements récents, réalisés par Bruxelles-Environnement en 2014 et 2015, outre leur rôle écologique et leurs qualités esthétiques, contribuent donc de manière évidente à la lutte contre les inondations, et ce pour un coût et un impact de chantier très nettement inférieurs à ceux d’un bassin d’orage artificiel « classique », c’est-à-dire une vaste citerne en béton enterrée dans le sol.

Le coût de la remise à ciel ouvert du Molenbeek dans la phase I du parc roi Baudouin s’élève à quelques centaines de milliers d’euros, alors que le prix moyen d’un bassin d’orage artificiel se situe suivant la complexité de l’ouvrage entre 1000 et 1300 euros par m³ , soit 5.000.000 à 6.500.000 euros pour un « petit »bassin d’orage de 5000m².

Qu’en est-il alors du projet de bassin d’orage régional de la Société Bruxelloise de Gestion de l’Eau – la SBGE - sous le parc de la Jeunesse ? Selon les informations dont je dispose, ce projet est actuellement en stand-by à la SBGE. Il  n’est plus actuellement à l’ordre du jour et n’y reviendra pas avant la prochaine législature. Nous aurons donc l’occasion dans les prochaines années d’évaluer l’effet de la mise en service dans la vallée du Molenbeek des deux nouveaux bassins d’orage en cours d’achèvement à Ganshoren (rue de la Technologie) et à Berchem-Sainte-Agathe (avenue du Hunderenveld), combiné à la remise à ciel ouvert du Molenbeek.

Dans le cadre du chantier régional du Tram 9, une nouvelle approche de la gestion de l’eau et de la lutte contre les inondations est aussi à l’œuvre. Nous avons demandé et obtenu que les eaux de ruissellement du site propre du tram soit récoltées et envoyées directement dans le ruisseau Molenbeek, à la place de se déverser dans le collecteur du Molenbeek . D’autre part, à la place de l’Ancienne Barrière, un déversoir d’orage sera réalisé en 2016 afin de répartir entre l’égout de la rue Bonaventure et celui de la chaussée de Dieleghem les flux d’eau qui dévallent des égouts des  Jardins de Jette et du site de l’UZ.

En ce qui concerne la possibilité d’un étang de nage sur la vallée du Molenbeek, c’est évidemment une idée séduisante, que l’on pourrait imaginer par exemple dans la phase I du Parc Roi Baudouin. Mais elle se heure objectivement à la nature limoneuse du sol dans la vallée du Molenbeek, qui n’est donc pas sableux comme au lac d’Hofstade par exemple. Dans ces conditions, les eaux seraient toujours troubles et boueuses, surtout si on les agite en jouant dedans. A ma connaissance un tel projet n’est pas actuellement envisagé par Bruxelles-Environnement et, en termes de priorités, il me semblerait préférable de poursuivre le découplage en souterrain du ruisseau Molenbeek du collecteur du même nom. Cela permettrait au ruisseau de réalimenter les étangs du domaine royal de Laeken, puis de se jeter dans la Senne au lieu d’aller diluer les eaux d’égouts de la station d’épuration Nord.